Pourquoi le Tantra m’intéresse aujourd’hui

Je ne suis pas arrivé au Tantra parce que je cherchais une nouvelle religion.

Je ne cherchais pas non plus une méthode pour devenir plus performant, plus spirituel ou plus heureux.

À 63 ans, après plusieurs vies professionnelles et personnelles, je me trouve dans une période où j’ai davantage envie d’expérimenter que d’accumuler des certitudes.

Le Tantra est arrivé là.

Pas comme une réponse.
Comme une question.

Une première porte ouverte par Pascale

Ma première approche du Tantra ne s’est pas faite dans un livre ni sur Internet.

Elle est venue par Pascale, ma compagne, qui le pratique depuis plus de dix ans. Elle avait donc déjà derrière elle un chemin que je n’avais pas encore commencé.

Au fil du temps, elle m’a fait découvrir certaines pratiques, certaines façons de regarder la relation, le corps, la présence.

Et progressivement, j’ai commencé à comprendre que ce que j’imaginais sous le mot « Tantra » était extrêmement incomplet.

Comme beaucoup de gens, je l’associais surtout à la sexualité.

Je découvre maintenant un territoire beaucoup plus vaste.

Le mot Tantra recouvre énormément de choses

C’est probablement la première difficulté.

Lorsque quelqu’un dit :

« Je pratique le Tantra »

cela peut signifier des choses très différentes.

Pour certains, il s’agit d’une tradition spirituelle ancienne.
Pour d’autres, d’une pratique de méditation.

Pour d’autres encore, d’un travail autour de la relation, du désir, de la sexualité ou du toucher.

Il existe le Tantra traditionnel.
Le néo-Tantra occidental.
Des pratiques inspirées d’Osho.
Des écoles de massage tantrique.
Des stages consacrés au couple.
D’autres à la respiration, à l’énergie, à la méditation ou à la sexualité consciente.

Et parfois, le mot Tantra semble pouvoir désigner à peu près tout.

C’est précisément pour cela que j’ai envie de comprendre.

Comprendre avant de croire

J’ai toujours fonctionné ainsi.
Lorsqu’un sujet m’intéresse, j’ai besoin de savoir comment il fonctionne.

Qui l’a inventé ?
D’où vient-il ?
Qu’est-ce qui appartient réellement à la tradition ?
Qu’est-ce qui a été ajouté ensuite ?
Qu’est-ce qui relève d’une pratique ?
Qu’est-ce qui relève d’une croyance ?
Et qu’est-ce qui relève simplement d’une expérience subjective ?

Le vocabulaire du Tantra m’intrigue.

Énergie.
Chakras.
Kundalini.
Polarités masculine et féminine.
Shiva et Shakti.

Je ne rejette pas ces notions.

Je préfère ainsi une autre attitude :
observer ce qui se passe.

La théorie ne me suffira pas

Je pourrais probablement passer plusieurs années à lire sur le Tantra.
Cela m’intéresserait.
Mais je sais déjà que cela ne me suffira pas.

Certaines choses ne peuvent peut-être être comprises qu’en les expérimentant.

Que signifie réellement être présent à une autre personne ?

Que se passe-t-il lorsqu’on ralentit volontairement ?

Pourquoi certains exercices produisent-ils autant d’émotion ?

Que change la respiration ?

Pourquoi le regard peut-il parfois être si difficile à soutenir ?

Que se passe-t-il lorsqu’on enlève progressivement la notion de performance de la sexualité ?

Et pourquoi le toucher occupe-t-il une place aussi importante ?

Toutes ces questions m’intéressent davantage que l’apprentissage d’un vocabulaire.

Le massage m’attire particulièrement

Il y a quelque chose dans le massage qui me parle depuis longtemps.

J’aime masser.
J’aime le contact des mains.
J’aime sentir qu’une tension peut parfois se relâcher sous un toucher attentif.

Il m’arrive également d’avoir l’impression qu’en posant simplement mes mains sur quelqu’un, un stress ou une petite douleur s’apaise.

Je ne sais pas exactement ce qui se passe.

Est-ce la chaleur ?
La pression ?
La présence ?
La détente ?

L’attention que reçoit la personne ?

Un effet de suggestion ?
Ou autre chose ?

Je n’ai pas besoin aujourd’hui de choisir une explication.

J’ai envie d’explorer.
Et le massage tantrique représente pour moi un terrain particulièrement riche.

Recevoir avant de vouloir donner

J’ai envie d’apprendre à masser.
Mais avant cela, j’ai aussi envie de recevoir.

Beaucoup.
Auprès de praticiens différents.
De personnes qui ont une expérience importante.

De comprendre leurs approches.

De sentir leurs différences.

Un massage tantrique n’est probablement pas « une technique » unique.

Je veux découvrir ce que fait une personne très expérimentée.

Comment elle touche.
Comment elle respire.
Comment elle crée un cadre.
Comment elle accompagne le silence.
Comment elle gère la nudité éventuelle, la sensualité, les limites, les réactions du corps.

Je veux commencer par être élève.

Une école de massage

Il est également très probable que je suive une véritable formation.

Pas simplement un week-end d’initiation.

Une école où je puisse apprendre progressivement.

Le toucher.
Le corps.
La respiration.
La posture du masseur.
L’éthique.
Le consentement.
Les limites.

La façon d’accueillir ce qui peut apparaître émotionnellement.

Et peut-être découvrir que certaines idées que j’ai aujourd’hui sur le massage sont complètement fausses.

Cela fait partie de ce qui m’intéresse.

Les stages et la facilitation

Un autre aspect me plaît : la vie des groupes.

Dans les stages auxquels je participe, je suis attentif à ce qui se passe entre les personnes.

La confiance.
La gêne.
Les résistances.
Le besoin d’être choisi.
La peur de ne pas l’être.

Je m’intéresse également beaucoup au rôle des facilitateurs.

Comment créer un cadre suffisamment solide pour que chacun puisse explorer sans se sentir obligé ?

Comment accompagner sans manipuler ?
Comment savoir quand intervenir ?
Quand laisser faire ?

Comment accueillir une émotion sans vouloir immédiatement la résoudre ?

Le rôle de co-facilitateur m’attire.
Peut-être davantage encore, aujourd’hui, que celui d’animateur.
Parce qu’il permet d’observer et d’apprendre.

Deux regards différents

Pascale possède de son côté une expérience très différente de la mienne.

En plus de son parcours tantrique, son travail en analyse transactionnelle, en coaching et en supervision lui donne une lecture très fine des relations humaines.

Cela ouvre entre nous beaucoup de discussions.

Parfois, je décris une situation avec le vocabulaire de l’énergie ou de la sensation.

Elle peut y voir une dynamique relationnelle.
Une projection.
Un besoin de reconnaissance.
Une difficulté à poser une limite.

Cela m’intéresse énormément.

Peut-être qu’un jour ces deux regards produiront quelque chose ensemble.

Peut-être pas.

Je préfère là encore laisser la possibilité ouverte.

Le droit au doute

Je crois que c’est une dimension importante de ma recherche.

Je veux pouvoir vivre une expérience très forte sans devoir immédiatement conclure qu’elle prouve quelque chose.

Je veux pouvoir ressentir ce que certains appellent une « énergie » sans prétendre savoir exactement ce qu’elle est.

Je veux pouvoir entendre un enseignant et penser :

« C’est intéressant »

puis, cinq minutes plus tard :

« Là, je ne le suis plus. »

Le doute n’est pas pour moi l’ennemi de l’expérience.

Il en fait partie.

Peut-être est-ce cela que je cherche

Je crois finalement que ce qui m’attire dans le Tantra aujourd’hui tient dans une combinaison assez simple :

comprendre et ressentir.

J’ai passé beaucoup de temps dans ma vie à comprendre.
À analyser.
À résoudre.
À prévoir.

Je découvre aujourd’hui qu’il existe une autre forme de connaissance.

Celle du corps.

Une respiration peut parfois nous apprendre quelque chose qu’un raisonnement ne nous apprend pas.

Un toucher aussi.
Un silence.
Un regard.
Une gêne.
Un désir.

Je ne veux pas remplacer l’intelligence par la sensation.

J’ai envie de faire dialoguer les deux.

Je commence seulement

Je n’ai donc aucune conclusion à proposer.

Je commence.
Je vais lire.
Me former.
Recevoir.
Masser.

Participer à des stages.

Rencontrer des enseignants et des praticiens.

Comparer les discours avec les expériences.

Et raconter ce que je découvre.

Il y aura probablement des enthousiasmes.
Des déceptions.
Des expériences étonnantes.

Et peut-être quelques moments où je me demanderai franchement ce que je suis venu faire là.

C’est exactement ce que je cherche.

Je ne veux pas savoir à l’avance où le Tantra va me conduire.

Je veux découvrir ce qui se passe lorsque je vais réellement à sa rencontre.