Il y a des principes que l’on découvre et dont on se dit presque immédiatement : Évidemment.
Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
Les accords toltèques m’ont fait cet effet.
Parler avec justesse.
Ne pas prendre systématiquement pour moi ce que l’autre dit ou fait.
Éviter de fabriquer des histoires à partir de suppositions.
Faire de mon mieux.
Quatre idées. Rien de très compliqué à comprendre.
Et pourtant, lorsque j’essaie de les appliquer réellement à ma vie, les choses deviennent beaucoup moins simples.
Parce qu’entre comprendre un principe et réussir à le vivre lorsqu’une émotion me traverse, qu’une parole me blesse, que mon mental s’emballe ou que je me juge moi-même, il y a parfois un monde.
C’est peut-être justement pour cela que ces accords m’intéressent aujourd’hui.
Pas comme une nouvelle théorie.
Plutôt comme une pratique.
Les quatre accords ont été popularisés à la fin des années 1990 par Don Miguel Ruiz dans Les Quatre Accords Toltèques. Malgré leur nom, il vaut mieux les considérer comme un enseignement spirituel contemporain inspiré par l’auteur de traditions qu’il rattache aux Toltèques, plutôt que comme quatre préceptes historiques dont nous disposerions directement depuis la civilisation toltèque.
Quatre accords, et mon mental trouve déjà à redire
Sur le papier, je peux être parfaitement d’accord.
Bien sûr que je préfère une parole juste à une parole blessante.
Bien sûr que je préférerais ne pas souffrir pendant deux jours parce que quelqu’un m’a répondu sèchement.
Bien sûr qu’il vaudrait mieux demander :
« Qu’est-ce que tu voulais dire ? »
plutôt que passer la soirée à imaginer vingt explications.
Et bien sûr qu’il serait plus raisonnable de faire de mon mieux plutôt que de me demander constamment d’être parfait.
Tout cela semble presque banal.
Le problème commence quand quelqu’un touche exactement là où cela fait mal.
Quand je suis fatigué.
Quand j’ai peur.
Quand je me sens rejeté.
Quand mon ego se réveille.
Quand je veux avoir raison.
Ou lorsque mon mental prend une information minuscule et entreprend immédiatement d’écrire un roman autour.
À ce moment-là, les quatre accords cessent d’être des phrases intéressantes.
Ils deviennent du travail.
J’avais déjà rencontré quelque chose de semblable trente ans plus tôt
Ce n’est probablement pas un hasard si ces principes me parlent autant.
Trente ans auparavant, j’avais commencé un parcours de sobriété avec les douze étapes des Alcooliques anonymes.
À l’époque, l’enjeu était évidemment beaucoup plus immédiat.
Il fallait arrêter de boire.
Mais très vite, j’ai découvert que ne plus boire ne suffisait pas.
Il fallait aussi regarder ma manière de vivre.
Mes peurs.
Mes mensonges.
Mes justifications.
Mes comportements.
Mes relations avec les autres.
Et surtout ma relation avec moi-même.
Ce programme a largement contribué à mon rétablissement.
Il m’a appris à accepter de l’aide.
À regarder certaines vérités.
À faire mon inventaire.
À avancer un jour après l’autre.
À comprendre également que changer ne signifiait pas devenir parfait du jour au lendemain.
Aujourd’hui, lorsque je lis les accords toltèques, je ne retrouve pas le même enseignement.
Ce serait trop simple de les confondre.
Mais je reconnais certaines directions qui me sont familières.
Une autre manière de parler de responsabilité.
De vérité.
De relation.
De vigilance.
Et de cette étrange liberté qui apparaît parfois lorsque j’arrête de vouloir contrôler tout ce qui se passe autour de moi.
1. Une parole impeccable : commencer par ce que je me raconte à moi-même
Le premier accord est souvent présenté autour de la qualité de la parole.
Ne pas utiliser les mots pour blesser.
Éviter le jugement gratuit.
Parler avec davantage de justesse.
Cela paraît déjà suffisamment difficile.
Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui est que cette parole commence peut-être avant même que je m’adresse à quelqu’un.
Comment est-ce que je me parle à moi-même ?
Je peux être beaucoup plus violent intérieurement que je ne le serais avec quelqu’un d’autre.
« Tu aurais dû… »
« Tu as encore raté… »
Je connais assez bien cette voix.
Dans mon parcours de sobriété, l’honnêteté a joué un rôle essentiel.
Pas pour m’accabler.
Mais parce qu’il est difficile de changer ce que l’on refuse de regarder.
Aujourd’hui, je retrouve quelque chose de cela dans l’idée d’une parole plus juste.
Une parole qui ne soit ni une arme contre les autres, ni une arme contre moi.
Dans mon parcours de sobriété, l’honnêteté a d’abord consisté à cesser de me raconter certaines histoires à moi-même. Tant que l’alcool occupait une place centrale, il était possible de minimiser, de justifier, de repousser. L’honnêteté a commencé lorsque j’ai accepté de regarder une réalité devenue impossible à contourner.
Avec la sobriété, elle a pris une autre dimension : regarder ce que l’alcool permettait d’éviter, d’anesthésier ou de rendre supportable.
Être honnête ne signifiait pas tout comprendre, mais accepter de ne plus tricher avec ce que je ressentais : la peur, le manque, les contradictions, les besoins.
J’ai aussi compris que l’honnêteté n’est jamais acquise. On peut être sobre et continuer à se mentir sur d’autres sujets. Elle est donc moins une qualité définitive qu’une vigilance, une direction.
Ce qu’elle a changé, au fond, c’est mon rapport à moi-même : non pas devenir parfaitement lucide, mais apprendre à reconnaître quand je m’éloigne de la réalité, et être capable d’y revenir.
Peut-être qu’une parole impeccable ne signifie pas dire parfaitement les choses.
Peut-être s’agit-il d’abord d’essayer de ne pas ajouter inutilement de violence à ce qui existe déjà.
2. Ne pas tout prendre personnellement : beaucoup plus facile à écrire qu’à faire
Celui-là me fait presque sourire.
Ne pas en faire une affaire personnelle.
Très bien. Je veux bien.
Mais que se passe-t-il lorsque quelqu’un que j’aime me critique ?
Lorsqu’une personne semble m’ignorer ?
Lorsqu’un message reste sans réponse ?
Lorsqu’un regard me paraît froid ?
Ou lorsqu’une remarque réveille quelque chose de beaucoup plus ancien que la situation elle-même ?
Mon mental peut aller très vite.
« Qu’est-ce que j’ai fait ? »
« Elle m’en veut. »
« Il ne me respecte pas. »
« Je ne suis plus intéressant. »
« Je ne suis pas à la hauteur. »
Et tout à coup, une parole prononcée par quelqu’un devient un jugement sur ma valeur.
Cet accord me rappelle une chose assez élémentaire :
l’autre ne vit pas dans ma tête.
Il parle depuis son histoire.
Ses peurs.
Son humeur.
Ses préoccupations.
Ses blessures.
Sa manière de voir le monde.
Cela ne signifie évidemment pas que je dois tout accepter.
Une parole peut être injuste.
Un comportement peut être blessant.
Une limite peut devoir être posée.
Mais entre :
« ce que tu viens de faire ne me convient pas »
et :
« ce que tu viens de faire prouve quelque chose sur ma valeur »
il existe une différence considérable.
Lors d’un stage, si je propose à une femme de partager une structure avec moi et qu’elle préfère quelqu’un d’autre, le fait pourrait s’arrêter là :
elle a fait un choix.
Pourtant, mon mental peut traduire très rapidement :
elle ne veut pas de moi.
Et la nuance est immense. Son choix ne dit pas nécessairement quelque chose de ma valeur. Il parle d’abord de son envie, de son besoin ou de son ressenti à elle. Et pourtant, mon ego peut facilement l’entendre autrement.
Au mois de mai, alors que je vivais chez Pascale, nous avons commencé à parler de mon besoin d’avoir un lieu à moi, un espace qui puisse participer à mon équilibre de vie. Cela pouvait être chez elle, autrement organisé, ou ailleurs. La proposition était bienveillante.
Pourtant, je l’ai immédiatement traduite autrement.
J’ai entendu :
« Il faudrait que tu trouves ton propre logement, que tu reprennes tes affaires et que je retrouve mon indépendance. »
Ce n’était pas ce qu’elle avait dit. Mais c’est ce que j’avais entendu. Et, presque immédiatement, quelque chose de beaucoup plus ancien s’est réveillé en moi.
Un sentiment d’abandon.
De rejet.
L’impression que je devais partir.
Sans vraiment vérifier ce qu’elle voulait dire, j’ai donc commencé à chercher un autre endroit où vivre. Heureusement, nous avons parlé. Réellement parlé.
Nous avons repris les mots, les intentions, ce que chacun avait compris et ce que chacun voulait vraiment.
Et je me suis rendu compte que j’avais transformé une proposition autour de mon équilibre en menace pour notre relation.
J’avais fait de ses paroles une affaire personnelle. Et j’avais rempli les espaces laissés libres avec mes propres suppositions. À partir de là, ma recherche a changé. Je ne cherchais plus simplement un ailleurs pour partir.
Je cherchais un ailleurs pour nous retrouver autrement.
Un lieu différent, où nous pourrions être ensemble une grande partie du temps, tout en préservant davantage d’espace et d’autonomie.
C’est ainsi que j’ai découvert le domaine du Chaudeau. Il est devenu peu à peu cet autre lieu que je n’avais pas imaginé au départ : un endroit pour me retirer, me retrouver, écrire, marcher, méditer… mais aussi un endroit que nous pouvons habiter ensemble autrement, en lien avec la maison de Pascale près de Royan.
Je ne sais pas encore très bien ne pas prendre les choses personnellement.
Mais je commence peut-être à les prendre un peu moins longtemps.
Et c’est déjà quelque chose.
3. Ne pas faire de suppositions : mon mental adore pourtant cela
Celui-ci pourrait presque avoir été écrit spécialement pour mon mental.
Il adore les trous dans une histoire.
Il suffit que quelque chose manque pour qu’il s’empresse de le compléter.
Un silence.
Une réponse courte.
Un changement d’attitude.
Une personne qui ne téléphone pas.
Et hop.
L’enquête commence.
Pourquoi ?
Qu’est-ce que cela signifie ?
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Ai-je fait quelque chose ?
Que pense-t-elle ?
Que prépare-t-il ?
Et assez rapidement, une simple absence d’information devient une certitude.
Le plus étonnant est que je peux ensuite ressentir une émotion réelle provoquée par une situation qui, elle, n’existe peut-être que dans ma tête.
Je souffre alors non pas seulement de ce qui s’est passé.
Mais de l’histoire que j’ai fabriquée autour de ce qui s’est passé.
Au mois de mai, alors que je vivais chez Pascale, nous avons commencé à parler de mon besoin d’avoir un lieu à moi, un espace qui puisse participer à mon équilibre de vie. Cela pouvait être chez elle, autrement organisé, ou ailleurs. La proposition était bienveillante.
Pourtant, je l’ai immédiatement traduite autrement.
J’ai entendu :
« Il faudrait que tu trouves ton propre logement, que tu reprennes tes affaires et que je retrouve mon indépendance. »
Ce n’était pas ce qu’elle avait dit. Mais c’est ce que j’avais entendu. Et, presque immédiatement, quelque chose de beaucoup plus ancien s’est réveillé en moi.
Un sentiment d’abandon.
De rejet.
L’impression que je devais partir.
Sans vraiment vérifier ce qu’elle voulait dire, j’ai donc commencé à chercher un autre endroit où vivre. Heureusement, nous avons parlé. Réellement parlé.
Nous avons repris les mots, les intentions, ce que chacun avait compris et ce que chacun voulait vraiment.
Et je me suis rendu compte que j’avais transformé une proposition autour de mon équilibre en menace pour notre relation.
J’avais fait de ses paroles une affaire personnelle. Et j’avais rempli les espaces laissés libres avec mes propres suppositions. À partir de là, ma recherche a changé. Je ne cherchais plus simplement un ailleurs pour partir.
Je cherchais un ailleurs pour nous retrouver autrement.
Un lieu différent, où nous pourrions être ensemble une grande partie du temps, tout en préservant davantage d’espace et d’autonomie.
C’est ainsi que j’ai découvert le domaine du Chaudeau. Il est devenu peu à peu cet autre lieu que je n’avais pas imaginé au départ : un endroit pour me retirer, me retrouver, écrire, marcher, méditer… mais aussi un endroit que nous pouvons habiter ensemble autrement, en lien avec la maison de Pascale près de Royan.
Ce n’était pas ce qu’elle avait dit.
C’était ce que j’avais entendu. Puis complété.
C’est peut-être là que cet accord devient intéressant pour moi : apprendre à distinguer ce que l’autre choisit de ce que j’en conclus sur moi-même.
Cet accord me propose quelque chose d’assez révolutionnaire pour quelqu’un qui réfléchit beaucoup :
demander.
Clarifier.
Vérifier.
Dire :
« Je ne suis pas certain d’avoir compris. »
« Qu’est-ce que tu voulais dire ? »
« Est-ce que je me raconte une histoire ou est-ce réellement ce qui se passe ? »
Cela paraît nettement moins sophistiqué que toutes les analyses que mon mental est capable de produire.
Mais probablement beaucoup plus efficace.
Le plus difficile : ne pas remplacer une supposition par une autre
Il existe d’ailleurs un petit piège.
Je peux très bien me dire :
« Je ne dois pas faire de suppositions. »
Puis inventer immédiatement une nouvelle explication plus positive.
« Elle ne répond pas parce qu’elle est certainement occupée. »
C’est peut-être vrai.
Ou pas.
Je suis encore en train de supposer.
Le véritable exercice serait peut-être parfois simplement de rester avec :
je ne sais pas.
Trois mots.
Pas forcément confortables.
Mais très utiles.
Je ne sais pas.
Je peux attendre.
Ou je peux demander.
Et rien ne m’oblige à remplir immédiatement le vide.
Cela rejoint curieusement quelque chose que j’apprends actuellement dans beaucoup d’autres domaines de ma vie.
4. Faire de son mieux : enfin un accord qui autorise à ne pas être parfait
Celui-ci me ramène directement à une phrase qui a beaucoup compté dans mon parcours de sobriété :
un jour à la fois.
À l’époque, il ne s’agissait pas de me demander :
« Comment vais-je réussir à ne plus jamais boire pendant tout le reste de ma vie ? »
La montagne aurait été immense.
Il s’agissait d’aujourd’hui.
Puis éventuellement de demain lorsqu’il deviendrait aujourd’hui.
Je retrouve quelque chose de très proche dans :
faire de son mieux.
Pas être parfait.
Pas réussir tout le temps.
Pas devenir immédiatement l’homme conscient, calme, honnête, détaché et parfaitement équilibré que mon ego pourrait très bien décider de fabriquer.
Faire de mon mieux.
Aujourd’hui.
Avec l’énergie que j’ai.
Avec ce que je comprends.
Avec mon état du moment.
Et accepter que mon « mieux » ne soit pas identique tous les jours.
Certains jours, je peux beaucoup.
D’autres moins.
Depuis quelque temps, j’accorde presque chaque jour quelques heures à l’écriture ou aux recherches pour le blog.
Hier, je n’avais tout simplement pas envie de m’y plonger. Mon ancien réflexe aurait probablement été de me forcer.
Me dire que j’avais prévu de travailler.
Que j’avais des articles à avancer.
Que je pouvais bien faire un effort.
Finalement, j’ai commencé par faire complètement autre chose.
J’ai regardé une vidéo pour me détendre.
Je suis parti marcher quelques kilomètres.
J’ai échangé quelques mots au bar avec la gérante.
Et lorsque Pascale est arrivée, je lui ai proposé de faire, elle, ce dont elle avait envie.
Rien d’extraordinaire.
Et pourtant, je me suis surpris à penser :
« Je peux faire ça. Et c’est très bien. Aujourd’hui, je fais de mon mieux. »
Faire de mon mieux ne signifiait pas, ce jour-là, écrire davantage. Cela signifiait peut-être simplement ne pas me forcer.
Accepter mon rythme.
Marcher.
Me détendre.
Être disponible à ce qui se présentait.
Et ne pas transformer une journée plus légère en journée ratée.
Je commence à comprendre que faire de mon mieux n’est pas toujours faire le maximum.
Le mieux d’aujourd’hui peut être très différent de celui d’hier.
Et peut-être que l’un de mes apprentissages actuels consiste justement à ne plus mesurer systématiquement la valeur de mes journées à ce que j’ai produit.
C’est probablement l’accord qui m’aide le plus à ne pas transformer les trois précédents en nouvelle machine à me juger.
Car je pourrais facilement faire cela.
« J’ai encore pris cette remarque personnellement : je suis nul. »
« J’ai encore fait une supposition : je n’ai rien compris. »
« Je viens d’avoir une parole injuste : je suis incapable d’appliquer les accords. »
Et me voilà utilisant quatre principes destinés à m’aider à vivre plus librement pour fabriquer un nouveau système de culpabilité.
Ce serait assez performant.
Mais probablement peu utile.
Des accords, pas des commandements
C’est l’une des choses que j’ai envie de conserver. Je ne veux pas transformer ces accords en nouvelle table de la loi.
Je ne crois pas qu’un être humain puisse vivre en permanence avec une parole parfaitement juste.
Ne jamais prendre quoi que ce soit personnellement.
Ne jamais faire aucune supposition.
Et toujours faire exactement de son mieux.
En tout cas, moi, je n’y arrive pas.
Mais je peux observer.
Je peux m’apercevoir que je viens de me raconter une histoire.
Que j’ai pris une remarque beaucoup trop personnellement.
Que ma parole est partie plus vite que ma conscience.
Et revenir.
C’est peut-être cela qui m’intéresse le plus.
Revenir.
Pas réussir définitivement.
Revenir plus vite.
Pourquoi ces accords me reviennent aujourd’hui
Il y a trente ans, mon enjeu était de me rétablir. Aujourd’hui, la situation est très différente. Et pourtant, je suis de nouveau dans une période où une vie se termine et où une autre cherche sa forme.
Je regarde beaucoup mes anciens mécanismes.
Mon besoin de contrôler.
Mon besoin d’être utile.
Mon mental qui peut fabriquer beaucoup d’histoires.
Ma manière de vivre la relation.
Le jugement que je porte parfois sur moi-même.
Alors forcément, ces quatre accords retrouvent une certaine actualité.
Non pas parce qu’ils apporteraient une solution à tout.
Mais parce qu’ils me donnent quatre questions assez simples :
Est-ce que ma parole est juste ?
Est-ce que je suis en train de prendre pour moi quelque chose qui appartient peut-être à l’autre ?
Est-ce que je sais réellement ce qui se passe, ou suis-je en train de l’imaginer ?
Et, aujourd’hui, est-ce que je peux simplement faire de mon mieux ?
Cela fait déjà beaucoup.
Comprendre n’est décidément pas suffisant
C’est probablement le paradoxe de ces accords. Je peux les comprendre en quelques minutes. Je peux même les expliquer. Je peux trouver leur logique évidente.
Puis sortir de chez moi, recevoir un message qui m’agace…
et oublier les quatre en trente secondes.
C’est là que commence peut-être leur intérêt.
Ils ne sont pas seulement faits pour être compris.
Leur intérêt apparaît dans la vie réelle.
Après une dispute.
Avant une réponse.
Lorsque le mental s’emballe.
Lorsque je juge.
Lorsque je me juge.
Lorsque je ne sais pas.
Lorsque j’ai envie de contrôler.
Ils ne changent probablement pas une vie parce qu’on les a lus.
Mais ils peuvent peut-être, à force de revenir, modifier légèrement la manière dont je traverse certaines situations.
Trente ans plus tard, les mots changent mais le travail continue
Je ne reçois donc pas aujourd’hui les accords toltèques comme une méthode miracle. Je les reçois comme des repères.
Simples.
Exigeants.
Parfois agaçants, justement parce qu’ils paraissent simples.
Ils me rappellent aussi quelque chose que mon parcours de sobriété m’avait déjà appris :
les grandes transformations passent souvent par des gestes très ordinaires, répétés longtemps.
Dire la vérité.
Demander plutôt qu’imaginer.
Ne pas répondre immédiatement.
Reconnaître que quelque chose m’a blessé sans en conclure que je ne vaux rien.
Accepter de ne pas être parfait.
Recommencer demain.
Et parfois recommencer cinq minutes plus tard.
Trente ans après mon premier grand travail de rétablissement, je retrouve donc certaines questions.
Sous une autre forme.
À un autre âge.
Dans une autre vie.
Je n’ai peut-être pas besoin de nouveaux principes extraordinaires.
J’ai surtout besoin de continuer à apprendre à vivre ceux qui me paraissent déjà évidents.
Un jour après l’autre.